La diarrhée due aux mains sales !

LA DIARRHEE DUE AUX MAINS SALES !

 

QU’EST-CE QUE LA DIARRHEE?

La diarrhée est une émission des selles molles ou liquides au délà de trois fois par jour avec une quantité supérieure à 300 g pour toute la journée. Elle est l’un des principaux symptômes des maladies dites de mains sales, et est principalement d’origine infectieuse. Elle frappe plus les pays en voie de dévelppement. Et, Il y aurait environ 2 millions de décès dus à la diarrhée dont 80% chez les enfants de moins de 5 ans pour qui c’est la deuxième cause de mortalité après les infections respiratoires.

QUELS SONT LES AGENTS CAUSAUX ?

Ces maladies diarrhéiques sont causées par plusieurs micro-organismes notamment les bactéries (Escherichia coli  entéropathogènes, les salmonella ssp, etc.), les parasites (Entamoeba histolytica, Giardia duodenalis, etc.), les virus mais aussi  des champignons (Candida albicans) et les virus (rotavirus etc.).

La période d’incubation de ces pathogènes peuvent aller de quelques heures à plusieurs jours après leur ingestion.

FORMES DE DIARRHEES ?

Les manifestations de diarrhée les plus couramment rencontrés sont les suivantes:

  • La diarrhée aqueuse ou Le syndrome cholériforme qui consiste en l’émission de selles liquides, abondantes, fréquentes, pouvant être à l’origine d’une déshydratation sévère.
  • Le syndrome dysentérique, qui se caractérise par des selles liquides, d’abondance modérée, en partie afécales, purulentes et sanglantes, accompagnées d’épreintes et de ténesme.
  • Mécanisme mixte : les germes (salmonelles) se fixent aux entérocytes, puis traversent la muqueuse digestive jusqu’à pénétrer dans le tissu sous-muqueux.

MODE DE CONTAMINATION ET SURVENUE DE LA DIARRHEE?            

Le mode de contamination principal est la voie oro-fécale (mains sales).par  le contact avec l’eau et les aliments souillés par des matières fécales. C’est le cas des eaux de drainage, des eaux stagnantes, et des cours d »eau en contact  des matières fécales. Toutefois il ne faut en aucun exclure la transmission interhumaine favorisée par des niveaux hygiéniques faibles

QUELS SONT LES MOYENS PREVENTIFS ?

La prévention pourrait être faite en deux volets. Le premier aurait pour but l’amélioration des conditions socio-économiques de la population mais aussi l’équipement des services nationaux habilitées d’instruments permettant un  entretien régulier et permanent des eaux parcourant les villes, des égouts, et des installations de drainage.

Le second volet passe par une prévention au niveau tant individuel que familial notamment par l’instauration du lavage des mains avec du savon, après chaque contact interhumain (salutation, embrassades, câlins, …).

Le port constant sur soi et l’utilisation des solutions hydro-alcoolisées pour la désinfection  est une habitude à encourager car elle limite aussi le risque de contamination.

DEMARCHE DIAGNOSTIC ?

Les examens microbiologiques ont un intérêt limité en cas de diarrhée, d’où il est préférable d’orienter le diagnostic en fonction du contexte épidémiologique et selon les particularités du tableau cliniques

PRINCIPES DE LA PRISE EN CHARGE THÉRAPEUTIQUE D’UNE DIARRHÉE ?

La diarrhée a comme principal danger la déshydratation qu’on redoute surtout chez les enfants et qui peut conduire ces derniers à des malnutritions.

la prise en charge en charge prend en compte trois aspects importants:

  1. La reduction de la déshydratation en administrant de préférence le sérum orale de faible osmolarité (SRO) recommandé par l’OMS et l’UNICEF
  2. L’instauration de l’alimentation continuelle
  3. La supplémentation en zinc (surtout chez les enfants)

TRAITEMENTS SYMPTOMATIQUES

Ces traitements mettent en évidence des classes pharmacothérapeutiques des médicaments « antidiarrhéiques » suivants:

  1. Ralentisseurs du transit

Le lopéramide (gélules à 2 mg après chaque selle non moulée, 6 à 8/j) et l’oxyde de lopéramide (comprimés à 1 mg : 6 à 8/j) qui ralentissent le péristaltisme, et favorisent ainsi secondairement la réabsorption liquidienne. Ils exposent toutefois à la colectasie lors de colites invasives retardant l’élimination bactérienne et favorisant la diffusion bactérienne systémique. Ils sont donc contre-indiqués dans les syndromes dysentériques.

  1. Antisécrétoire

L’acétorphan, inhibiteur de l’enképhalinase, est un anti-sécrétoire pur et ne présente un inconvénient celui de na pas réduire la perte liquidienne totale. Il n’existe pas de contre-indication chez l’adulte (hors grossesse et
allaitement). Il peut être utilisé à la posologie de 3 x 100 mg/j.

  1. Silicates (Diosmectite; 3 sachets/j)

Ce sont des suspensions argileuses capables d’absorber l’eau. Ils n’ont d’effet que sur la consistance des selles. Ils sont contre-indiqués en cas de mégacôlon toxique et de troubles du péristaltisme.

  1. Modulateurs de la flore intestinale (Saccharomyces boulardii ; Ultra-levure) :

Leur utilisation est très discutée jusqu’à ce jour car ils pourraient être à l’origine d’infections fongiques systémiques quand ils sont utilisés chez l’immunodéprimé.

  1.   Les aliments : 

Certains aliments courants en Afrique sub-saharienne sont un excellent moyen de réduction des pertes liquidiennes dans les diarrhées notamment les légumes verts particulièrement les feuilles de patate douce couramment consommées en République Démocratique du Congo qui sont riches en fibres alimentaires.

TRAITEMENTS ANTI-INFECTIEUX

Leur prescription systématique, devant toute diarrhée aiguë, est illogique. Même lors de processus invasifs, l’administration d’antibiotique peut parfois aggraver les symptômes (en favorisant la lyse bactérienne), prolonger la durée du portage, et  sélectionner des souches résistantes.

Les antibiotiques doivent être réservés aux cas difficiles : contexte d’épidémie, sujets âgés, tarés, immunodéprimés ou porteurs d’entérocolite chronique, formes cliniques sévères avec phénomènes invasifs, altération de l’état général, fièvre, syndrome toxi-infectieux et dissémination septique extradigestive. Lorsqu’il est indiqué, le traitement antibiotique doit être idéalement adapté aux résultats de la coproculture.

Sources :

  1. www.infectiologie.com
  2. www.WHO.int
  3. Morard I, Hadengue A (2008): Diarrhée médicamenteuse. RMS ;4:1867-1872

 

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