Contraception et Méthodes contraceptives

Plus de 70% des Congolais, et dans la très grande majorité des femmes, choisissent leur moyen de contraception seuls sans avoir toujours suffisamment d’informations sur les différentes méthodes contraceptives disponibles. Le manque d’information empêche ainsi les femmes de recourir à l’utilisation de certaines méthodes contraceptives et poussent certaines d’entre elles à subir une IVG. Un jeune de 16 à 25 ans sur dix n’est pas conscient que la pilule ne protège pas des infections sexuellement transmissibles. 75% des femmes considèrent à tort qu’il existe des jours sans aucun risque de grossesse durant le cycle de la femme. 30% pensent que la pilule peut rendre stérile. 67% considèrent qu’il faut déjà avoir eu un enfant pour utiliser un stérilet.

Définition

Le contraceptif est un objet ou une substance dont le but est d’empêcher une grossesse. La contraception regroupe tous les moyens temporaires et réversibles pour éviter une grossesse. Différents types de contraceptifs existent. Il y a ceux qui bloquent l’ovulation, comme la pilule, l’anneau vaginal ou le timbre contraceptif. Il y a ceux qui empêchent la rencontre des spermatozoïdes avec l’ovule, comme le préservatif, le diaphragme ou les spermicides. Enfin, il y a ceux qui empêchent la nidation de l’œuf, comme le stérilet.
Méthode de contraception
La contraception est un ensemble de méthodes permettant à un couple de contrôler la naissance d’un enfant. Selon GALIEN CLAUDE (1976), c’est l’ensemble des mesures prises par un couple pour éviter la conception (fécondation) au cours d’un acte sexuel; mesures ayant pour but d’obtenir une infécondité temporaire sans engager l’avenir en empêchant la rencontre du spermatozoïde et de l’ovule.
* La stérilisation
C’est l’arrêt définitif et volontaire de la procréation dans un couple; c’est un procédé IRREVERSIBLE.
. CRITERES D’UNE BONNE METHODE CONTRACEPTIVE
une bonne méthode contraceptive doit répondre aux quatre critères ci-après :S
1. L’efficacité : Elle se traduit par le taux d’échec très faible.
2. L’acceptabilité : possibilité d’une méthode à être utilisée facilement.
3. La réversibilité : possibilité à recouvrir la fécondité par le couple après arrêt de l’utilisation ou de la pratique contraceptive.
4. Innocuité : La méthode contraceptive ne doit pas altérer la santé du couple. Ici, la santé est comprise au sens large.
. CLASSIFICATION
On distingue :
– Les méthodes naturelles :
• Abstinence périodique;
• Coït interrompu;
• La polygamie, séparation de lit,…;
• L’allaitement prolongé;
– Les méthodes artificielles :
• Les barrières mécaniques et chimiques;
• Les stérilets;
• Les contraceptifs hormonaux orale et injectable;
– Les méthodes chirurgicales :
• La castration;
• La vasectomie;
• La ligature section des trompes des Fallope.

1. METHODES NATURELLES
1.1. POLYGAMIE
C’est la situation d’un homme uni à plusieurs femmes à la fois; ce qui permet de changer de femme pendant la période de fécondation, évitant ainsi le contact spermatozoïde-ovule.
 Avantages :
– Méthode naturelle ne nécessitant pas aucune main experte (apprentissage particulier)
 Inconvénients :
– Déséquilibre le foyer;
– Augmentation des dépenses familiales (diminution du bien être familial);
– Cercle vicieux pour l’homme à cause des enfants qui malgré tout augmente en nombre.
1.2. SEPARATION DE LIT
C’est une méthode qui veut que le mari et la femme dorment sur deux lits différents.
 Avantages :
– Plus efficace et efficient.
 Inconvénients :
– Difficilement réalisable dans notre milieu du fait de la culture bantoue;
– Peut favoriser l’infidélité conjugale.
– Cercle vicieux pour l’homme à cause des enfants qui malgré tout augmente en nombre;
1.3. COÏT INTERROMPU
C’est le retrait de la verge hors du vagin avant l’éjaculation (LANSAC). 71% de couples français l’on pratiquée ou la pratique, ce qui se traduit en consultation par des expressions du genre « nous faisons attention » ou « il se retire ». Le taux d’échec est de 17%.
 Précautions d’emploi : l’homme doit éjaculer loin de la vulve, car si la glaire de la femme est de bonne qualité, la fécondation peut se faire par l’éjaculation à la vulve. Il ne faut pas avoir deux rapports consécutifs sans uriner ou sans avoir laver la verge.
 Avantages :
– Innocuité totale;
– Praticable en toute circonstance, n’exige pas d’appareil ou une connaissance sophistiquée.

 Inconvénients :
– Cette méthode peut être frustrante pour l’homme et la femme, le retrait se faisant avant l’orgasme;
– Déconseiller aux éjaculateurs précoces et aux femmes anxieuses qui ne peuvent se détendre de peur que l’homme ne se retire pas.
– Elle exige une maîtrise de soi (LANSAC);
– En cas de rapports rapprochés, l’expulsion de sperme dans l’urètre masculin par les glandes tapissant l’appareil avant l’éjaculation est parfois possible, avec possibilité de fécondation;
– Inacceptables pour certaines églises.
1.4. ABSTINENCE PERIODIQUE
Cette méthode consiste à éviter les rapports sexuels pendant la période de fertilité ou autour de l’ovulation. Il existe trois types de méthodes d’abstinence, à savoir :
1. Le calendrier;
2. La température basale du corps;
3. L’examen de la glaire cervicale (John BILLINGS)

1.4.1. Méthode de calendrier
C’est la première méthode de régulation des naissances basée sur la physiologie de la reproduction proposée depuis 1930.
 Principes :
– L’ovulation de la femme survient en général 14 jours avant les règles prochaines (suivantes). On conseille d’éviter les rapports 3 jours avant et 3 jours après l’ovulation à mi-cycle et ce, pour un cycle isoménorrhéique de 28 jours;
– L’ovule ne peut survivre que 12 à 24 heures et le spermatozoïde 48 à72 heures.
 Précautions :
Etant donné que tous les cycles ne sont pas isoménorrhéiques et qu’il existe un décalage de 7 à 13 jours autour de 20 ans et en périménopause, il faut d’abord étudier au moins 6 à 12 cycles avant d’apprécier le jour de l’ovulation.
Exemple :
– Un cycle de 25 jours : l’ovulation peut se faire au 11e jour du cycle (7e -14e jour)
– Un cycle de 35 jours : l’ovulation se fera au 21e jour du cycle (17e -25e jour).
Ainsi, on conseille une marge de 8 jours.
Pour certains auteurs, il faut faire 2 semaines d’abstinence à cause de l’imprévisibilité de la longueur du cycle en cours.
 Avantages :
– Méthode simple et sure pour un cycle isoménorrhéique;
– Peu onéreuse;
– N’exige pas d’appareil ou une connaissance sophistiquée.
 Inconvénients :
– Exigence de l’abstinence avec possibilité de ne pas la respecter (Ivresse, voyage);
– Impraticable dans le cas de trouble de ménogramme ou en l’absence des DDR;
– Oblige une bonne reconnaissance des cycles de la femme;
– La possibilité d’une grossesse peut perturber le cycle;
– Une vie conjugale programmée avec des jours autorisés et interdits (frustration, pas des relations naturelles).
1.4.2. Température basale
 Principes :
– La température corporelle augmente de 0.3-0.5°C à partir de l’ovulation pour revenir à la normale en fin de cycle. Une élévation nette et soudaine de la température indique la fin de la période féconde.
1.4.3. Méthode de la glaire cervicale ou de l’ovulation (BILLINGS)
 Principes :
La femme doit reconnaître et interpréter les changements cycliques de la glaire cervicale qui ont lieu à la suite de la modification des taux d’estrogènes.
On distingue 4 périodes :
1. Dans les jours qui font suite aux règles, la sécrétion est faible (sécheresse);
2. Les premiers jours préovulatoires donnent lieu aux pertes visqueuses (moiteur);
3. Phase ovulatoire : l’écoulement devient abondant, limpide et très lubrifiant;
4. Dans les jours post ovulatoires, le mucus diminue nettement et la sécrétion devient trouble et visqueuse.

 Période fertile : durant 7 à 14 jours et portant sur les périodes 2 et 3

1.5. Allaitement prolongé
 Principes :
– l’hypersécrétion de prolactine bloque le pic de FSH-LH et, partant de l’ovulation
– L’allaitement doit se réaliser plusieurs fois par jour et surtout la nuit.
2. Méthodes artificielles
2.1. Barrières mécaniques et chimiques
2.1.1. Les préservatifs : CONDOM.
Il s’agit de cylindres de latex de 180 à 200 mm de longueur et 35 mm de diamètre et résistant à l’élongation. Il sont lubrifiés ou secs. Ils ont très utilisés et présentent une efficacité variable (0,5 – 0,8% AF d’échecs).
 Principe : Les préservatifs empêchent le contact du spermatozoïde et de l’ovule.
 Inconvénients :
– Cette méthode modifie les préludes amoureux par la mise en place du préservatif, interposant une membrane entre les deux sexes et modifiant ainsi le plaisir sexuel.
– Elle oblige le retrait après éjaculation.
– Taux de rupture inférieur à 2% (LANSAC)

 Avantages :
– Emploi facile et transport facile et direct;
– Protection contre les MST-HIV
– N’altère pas la santé du couple
– Moins cher et d’application facile.
2.1.2. Préservatif féminin (FEMIDOM)
Se compose d’un étui en polyurétane qui comporte un anneau externe qui s’adapte autour du col (comme le fait le diaphragme ) et un anneau externe qui reste à la vulve. (Cfr fig.6)
2.1.3. Diaphragme
C’est un dôme en latex de taille variable (50- 90mm) qui est mis en place en avant de l’orifice cervical. L’efficacité dépend beaucoup de l’utilisation: chez une femme bien formée, le taux d’échec est de 2-4% AF.
2.1.4. Les spermicides
Ce sont des mousses, des gelées ou crèmes, des ovules et des comprimés solubles (LANSAC).

2.2. LE STERILET
2.2.1. Définition
Les stérilets sont des dispositifs intra-utérins utilisés comme moyen de contraception.
2.2.2. Types de stérilet
 Les stérilets avec fils de cuivre ou d’argent;
 Les stérilets avec progestatifs.

2.3. Contraception hormonale
Il existe deux groupes : la contraception orale et injectable (et implant)
2.3.1. Contraception orale
Deux cent million, de femmes dans le monde prennent une contraception orale. La contraception orale se présente sous forme de « pilule ».
2.3.1.1. Différents types de pilules
– Les oestroprogestatifs classiques à 50  d’Ethynyl d’estradiol combiné ou séquentiels actuellement peu utilisés.
– Les oestroprogestatifs dit minidosés contenant de 15 à 35 g d’Ethinyl d’estradiol et appelés minipilule pour les français; ce sont les plus prescrites, elles sont : soit combinés, soit biphasique, soit triphasique.
– Enfin, les progestatifs purs à faible dose en continu, micropilule ou micro-progestatif.
A ces trois catégories principales, on ajoute la pilule du lendemain.
Contraception masculine
Le préservatif constitue le principal moyen de contraception masculine. Il empêche la rencontre entre les spermatozoïdes et l’ovocyte, rendant impossibles l’ovulation et la grossesse. La vasectomie est une chirurgie qui consiste à sectionner les canaux transportant le sperme et qui entraîne une stérilisation définitive. Il existe également des traitements hormonaux (pilules, injections, gels) qui empêchent la maturation des spermatozoïdes. La méthode hormonale n’est pas très répandue en raison de ses possibles effets secondaires : baisse de la libido, acné, augmentation du risque de cancer de la prostate.

Contraception orale
La contraception orale est une méthode contraceptive hormonale qui consiste en la prise quotidienne d’un comprimé, plus souvent appelé pilule. Celle-ci peut combiner l’effet de deux hormones, plus ou moins dosées selon les comprimés : les oestrogènes et la progestérone. Il existe aussi des pilules, appelées progestatives, qui ne contiennent que la progestérone. Elles ont dans les deux cas pour effet de bloquer le processus d’ovulation et d’empêcher la grossesse. En RDC, plus de 60% des femmes entre 20 et 45 ans ont adopté cette méthode contraceptive.

Contraception d’urgence
La contraception d’urgence, plus communément appelée pilule du lendemain, est une méthode contraceptive utilisée après un rapport sexuel non (ou mal) protégé. Il existe alors deux méthodes, hormonale ou mécanique, pour prévenir la survenue d’une grossesse. La première, à utiliser rapidement après le rapport, consiste en la prise d’un comprimé unique. Son efficacité dépend notamment du délai entre le rapport sexuel et la prise de la pilule. Le second est la pose d’un DIU (Dispositif Intra-utérin – ou stérilet) au cuivre, qui rend les spermatozoïdes inactifs.
Choix
Le choix d’une méthode contraceptive adaptée doit tenir compte de la situation clinique et personnelle de la personne, de ses préférences et des contre-indications et de la tolérance.

A l’exception du préservatif, aucun moyen contraceptif décrit dans le document ne protège des infections sexuellement transmissibles

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