Fièvre typhoïde

Les fièvres typhoïde et paratyphoïde sont des maladies infectieuses potentiellement mortelles en l’absence de traitement. Ces fièvres surviennent le plus souvent dans des zones où l’hygiène est précaire et frappent principalement les pays en voie de développement.
La fièvre typhoïde est une infection bactérienne des voies intestinales et du courant sanguin. Les symptômes peuvent être bénins ou graves et comprennent une fièvre prolongée pouvant être aussi élevée que 39°-40° C, des malaises, une anorexie, des céphalées, une constipation ou une diarrhée, des taches rosées sur la poitrine ainsi qu’une splénomégalie et une hépatomégalie. La plupart des sujets présentent des symptômes 1-3 semaines après l’exposition. La fièvre paratyphoïde a des symptômes similaires à la fièvre typhoïde mais elle est généralement moins grave.

Les causes

Les fièvres typhoïde et paratyphoïde sont causées par les bactéries Salmonella typhi et Salmonella paratyphi respectivement. Salmonella enterica Typhi est encore appelée bacille d’Eberth. Les germes de la typhoïde et de la paratyphoïde passent dans les selles et l’urine des personnes infectées. La contamination résulte, le plus souvent de l’ingestion d’eau ou d’aliments ayant subi une contamination fécale d’origine humaine ou d’une transmission directe de personne-à-personne. Les personnes deviennent infectées après avoir consommé des aliments ou des boissons qui ont été manipulé(e)s par une personne infectée ou par de l’eau de boisson qui a été contaminée par des effluents contenant les bactéries. Une fois que les bactéries pénètrent dans l’organisme d’une personne, elles se multiplient et se propagent des intestins dans le courant sanguin.
Même après la guérison de la typhoïde ou de la paratyphoïde, un petit nombre d’individus (appelés porteurs) continuent à porter les bactéries. Ces personnes peuvent être une source d’infection pour d’autres. La transmission de la typhoïde ou de la paratyphoïde dans les pays les moins industrialisés peut être due à des aliments ou de l’eau contaminée. Dans certains pays, les coquillages provenant de fonds marins contaminés par des effluents constituent une voie d’infection importante. Lorsque la qualité de l’eau est bonne, et que de l’eau chlorée sous adduction à domicile est largement disponible, il est plus probable que la transmission survienne par des aliments qui ont été contaminés par des porteurs manipulant des produits alimentaires.

Aspects cliniques
Quarante-huit heures après la contamination, survient une fièvre qui augmente progressivement atteignant 40 °C accompagnée de possible céphalée, asthénie, anorexie, insomnie. Cet épisode dure une dizaine de jours (8 à 15), et correspond à la période d’incubation, pendant laquelle il y a multiplication des salmonelles dans les ganglions mésentériques ; il précède la phase de dissémination du germe dans le sang (septicémie).
Au début de la phase septicémique, on observe des troubles mineurs :
• maux de tête (sans raideur de la nuque) ;
• insomnie, fatigabilité (asthénie) ;
• une fièvre atteignant un plateau à 40 °C, sans accélération du pouls : on parle d’une dissociation pouls-température ou de fièvre paradoxale (retrouvée également dans la brucellose et la légionellose) ;
• une rate grossie (splénomégalie) ;
• de possibles saignements de nez (épistaxis), une langue blanchâtre (dite saburrale) ;
• douleurs abdominales, diarrhée ou constipation, abdomen augmenté de volume et tendu (météorisme) ;
• un état de stupeur et d’abattement extrême ou tuphos.
Le malade est prostré, la prostration pouvant aller jusqu’à la torpeur, le délire, et à des signes digestifs intenses (diarrhées). C’est la destruction des salmonelles qui, libérant une substance toxique, l’endotoxine, provoque des ulcérations responsables d’hémorragies et de perforations digestives. Cette phase est responsable des complications qui peuvent entraîner le décès dans 30 % des cas en l’absence de traitement.

Les fièvres typhoïde et paratyphoïde sont courantes dans les pays les moins industrialisés, principalement du fait du problème de l’eau de boisson non potable, de l’élimination inadéquate des effluents et des inondations.

Ampleur du problème
D’après l’Organisation mondiale de la santé, le nombre de patients atteints dans le monde serait de 21 millions de personnes, avec de 216 000 à 600 000 décès annuellement

Traitement et prévention
Avec un traitement aux antibiotiques, les symptômes commencent à régresser après 5 à 7 jours, mais sans traitement ils continuent de s’aggraver pendant plusieurs semaines, et plus de 10 % des personnes non soignées peuvent mourir.
Le germe était initialement sensible au chloramphénicol, mais de nombreuses résistances apparurent dans les années 1970, et ce traitement, aux nombreux effets secondaires, a été progressivement abandonné. De même, des résistances à d’autres antibiotiques (co-trimoxazole et amoxicilline) sont apparues dans les années 1980.
Après avoir hospitalisé et isolé le malade, le traitement fait appel actuellement aux fluoroquinolones de deuxième génération ou à la ceftriaxone. La réhydratation, souvent par voie intraveineuse, est impérative pour compenser les pertes liquidiennes secondaires à la diarrhée. Un traitement contre la fièvre (antipyrétique) peut parfois être nécessaire.
La prévention passe par l’amélioration des conditions d’hygiène dans les pays d’endémie et par la vaccination. Les visiteurs doivent se méfier de l’eau locale et de la nourriture crue.
• Il est important de respecter les mesures d’hygiène classiques : lavage fréquent des mains à l’eau et au savon, principalement après chaque passage aux toilettes et avant toute manipulation d’aliments.
• Dans l’entourage du malade : nécessité de dépister les porteurs sains par la pratique de coprocultures afin d’éviter une dissémination de l’infection, principalement chez les personnes travaillant dans le secteur agroalimentaire, en collectivités de jeunes enfants ainsi que chez le personnel soignant.
Conseils supplémentaires aux voyageurs dans des zones endémiques : veiller à ne consommer que des aliments cuits et de l’eau minérale capsulée (décapsulée devant soi) ou de l’eau préalablement bouillie ou purifiée par adjonction de pastille de chlore

Un petit nombre des personnes qui guérissent de la typhoïde peuvent avoir une récidive de leurs symptômes quelques semaines plus tard. Le second accès tend à être moins sévère que le premier et disparaît rapidement après un nouveau traitement.
Beaucoup de personnes souffrent de légers saignements intestinaux, qui ne sont importants que dans une petite minorité de cas. Le danger principal de la typhoïde est les perforations de l’intestin grêle qu’elle provoque, par lesquelles les bactéries se répandent dans la cavité abdominale, causant une péritonite, souvent mortelle.
D’autres complications de la typhoïde surviennent lorsque de grandes quantités de bactéries s’introduisent dans la circulation sanguine, provoquant une bactériémie. Elles peuvent atteindre les poumons, provoquant une pneumonie, ou l’enveloppe du cerveau (méningite), les os (ostéomyélite), les valves du cœur (endocardite), les reins (glomérulonéphrite), l’appareil génital ou urinaire, ou les muscles. Une hépatite (inflammation du foie) est une autre complication possible.
Sources
1. Données épidémiologiques sur la typhoïde sur le site de l’OMS
2. Fièvre typhoïde et paratyphoide, sur Site de l’Institut Pasteur, novembre 2012
3. Fièvre typhoïde, sur Direction Générale de la Santé, Ministère de Affaires sociales et de la Santé (France).

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