IDÉES REÇUES SUR LA SEXUALITÉ

En matière de sexualité, les préjugés sont nombreux. Petit jeu de… déconstruction:

J’ai peu de libido, je ne suis pas normal(e)

Qu’est-ce que la normalité? doit-on s’interroger. Le désir sexuel dépend de nombreux facteurs tant ceux biologiques, relationnels qu’émotionnels et affectifs, et fluctue au cours de la vie. Certains médicaments (antidépresseurs, pilule, etc.) peuvent même l’impacter. L’absence de désir peut être liée à un manque de communication au sein du couple, à de mauvaises expériences, à un sentiment d’insécurité avec son partenaire, au contexte dans lequel le rapport sexuel a lieu, à l’absence de consentement, voire à un manque d’attirance. Il ne devient problématique que si l’on ressent de la gêne pour soi ou pour son partenaire. Se demander si l’on est satisfait ou non de sa sexualité est plus important que de répondre à une norme.

Certaines personnes sont naturellement douées pour le sexe.

On est tous différents. La question centrale n’est pas de savoir si l’on est ou non « doué(e)» pour le sexe, mais de savoir si l’on se sent à l’aise et satisfait(e) par rapport à sa sexualité. Tout au long de la vie, on est amené(e) à découvrir ce qui nous procure du plaisir, ce qui nous amuse ou nous étonne. Certaines personnes vont plus loin dans cette exploration. À chacun son rythme et ses désirs, pourvu que l’on reste dans le respect de soi et de l’autre.

Mon pénis est recourbé. Mes lèvres sont trop visibles.

Il n’est pas du tout nécessaire d’être parfait «en bas» pour avoir une sexualité épanouie. Il y a une infinité de nez, d’yeux, de bouches, etc. C’est la même chose pour les organes génitaux. Chaque personne est unique, c’est pourquoi il faut rester critique sur les images des corps qu’on nous donne à voir dans la publicité, les médias ou la pornographie. Les images stéréotypées qui y sont véhiculées ne sont pas le reflet de la réalité.

Des bienfaits pour la santé

Le rôle de l’activité sexuelle sur la santé est encore sous-estimé et méconnu, selon le Pr Francesco Bianchi-Demicheli, responsable de l’Unité de médecine sexuelle et sexologie des Hôpitaux universitaires de Genève (HUG). La recherche a mis en lumière quelques-uns de ces bénéfices, parmi lesquels :

  • Allongement de l’espérance de vie
  • Renforcement du système immunitaire
  • Abaissement de la tension artérielle
  • Amélioration du système musculosquelettique
  • Diminution du risque d’AVC et amélioration de la mémoire
  • Réduction des troubles anxieux et amélioration de l’état mental
  • Amélioration de la réponse émotionnelle provoquée par l’excitation sexuelle
  • Diminution du risque de carcinome du sein
  • Réduction des bouffées de chaleur à la ménopause
  • Effet protecteur sur la survenue du cancer de la prostate

Paru dans le hors-série « Votre santé », La Côte, Novembre 2020

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